Rencontre: le Mouflon 

 

19

OCTOBRE 2019

Vie sauvage

Au coeur des sauvages montagnes d’Ariège en compagnie de Geoffrey DESMETTRE

Quelque part sur le massif de Tabe… Ce matin d’Octobre, accompagné de Geoffrey alias Djo, nous arrivons de nuit sur la jasse, pour espérer une rencontre avec un splendide animal: le Mouflon méditerranéen – Ovis gmelini musimon. Cette espèce à été introduite en 1958 sur une niche écologique vacante, c’est à dire un biotope peu voir pas occupé par d’autres espèces exploitant la même ressource (en l’occurence l’Isard Rupicapra pyrenaica). Initiative des sociétés de chasse locales il a été, au départ introduit 10 mouflons dit Méditerranéen ( Issu du Mouflon de Corse, Sardaigne ou Chypre qui lui même a été introduit dans d’autres régions et qui c’est mélangé avec notamment le mouton domestique)

Aujourd’hui on en compte plus de 520 !

« Des milliers de crocus libère une légère fragance »

myriade de crocus, comme des fées surgissant des tourbes …

DESCRIPTION

Le dimorphisme sexuel chez le mouflon est évident. Le mâle, pesant entre 35 et 50kg porte des cornes, sous forme de rouleau pouvant atteindre plus de 90cm parfois. Sa robe se pare d’un beau poitrail noir, le bout du museau blanc. La femelle est quant à elle plus petite entre 25 et 35kg, et les cornes souvent absentes.

Son régime alimentaire est très étendu, ce qui en fait un animal à la surprenante faculté d’adaptation. Il consomme fougère, lichen, mousse, champignon, et majoritairement  herbacées, feuilles d’arbustes. Son régime s’adapte au fil des saisons en fonction des ressources présente au moment.

 

Notre équipement sur le dos nous démarrons notre ascension dans l’obscurité et le silence. Une heure de marche nous sera nécessaire pour enfin arriver sur la première pelouse. Nous laissons derrière nous un couvert forestier de hêtre.  En même temps que les toutes premières lueures du jour, un léger parfum d’épices flotte dans l’air frais. Au sol, des milliers de crocus couvrent le tapis vert un mauve pastel et libérant la fragance. Une floraison exceptionnelle cette année. Un premier coup de jumelle pour tenter de repérer nos mouflons mais rien, au loin tout de même l’aigle prend son premier envol et disparait derrière les géants de pierre.

Un petit ruisseau traverse les épais buissons de genévriers centenaires et de robustes rhododendrons. Il nous faut suivre cet étroit chemin pour arriver au pied des falaises. Tout en haut quelqu’un nous guette. Un mouflon, fier sur sa crête. Il y a donc de l’activité nous nous réjuissons…

 

fier, se tient le jeune mâle…

Le Mouflon est actif toute l’année, sur un territoire de quelques centaines d’hectares. Les domaines plus ou moins distants varient au gré des saisons, ainsi l’hiver, fuyant la neige il se trouvera plus bas, et sur les pentes les plus au sud.  Au printemps il suit la repousse de l’herbe. L’été il recherchera la fraicheur en altitude ou des pentes au nord, à l’abri à l’ombre des roches. Le Mouflon est un animal diurne, qui occupe ces journée à son alimentation, et au repos (après rumination). Animal sociable il vit en groupe matriarcal, les mâles sont à l’écart en groupe. En période de rut les groupe de femelles sont plus instables, rejoint et mélangé avec des mâles de tout âges.

 

 

Une cabane de bergers à passer et puis quelques centaines de mètres plutôt escarpés et nous serons à la croisée des chemins. Ici nous savons que les Mouflons circulent beaucoup changeant de versant suivant la position des femelles. Ils affectionnent particulièrement ces coulées vertes ou ils peuvent pâturer. Un Gypaête barbu passe nous survole, le vent sous ces plumes siffle. Nous nous installerons ici. Nous nous rendons compte que les mois précédent furent sec. l’herbe au menu du mouflon est jaune paille. Plus loin les buissons de myrtille arborent de magnifiques couleurs  feu. L’Automne est bien là.

Geoffrey installe son matériel: le spectacle commence avec un jeune mâle (en photo ci dessus) afféré sur un petit groupe de femelles adultes et d’éterles*

Dans ce décor grandiose, nous sommes les témoins d’un acte naturel digne d’opéra. Un ballet interminable de mâle chassant un autre puis courant après les femelles pour les épuiser… Mais aujourd’hui aucune ne semble disposé.

Celui la sera notre dernière observation… Il jette un dernier regard sur le versant en face. Une femelle ? Il s’évanouiera ensuite

SAUVAGE ATTITUDE

Des heures à observer, photographier ou filmer ces magnifiques animaux, il semble s’être écoulé que quelques minutes… Nous ne repartirons que lorsque les mouflons auront quitté la pelouse. Un petit groupe de femelles pâture plus bas, un mâle scrute sur la ligne de crête avant de s’évanouir derrière les dentelles de roches. La journée touche à sa fin,et je vous laisse à la fin de cette article la vidéo réalisé par Djo, vidéaste photographe, qui pour le plaisir de partager offre en vidéo, sa passion sur la chaîne youtube Sauvage Attitude.